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Les deux systèmes de temps

Lorsque vous souhaitez écrire un texte, il est impératif de vous interroger sur le système de temps que vous voulez utiliser afin d’employer la bonne concordance des temps.

1) Le présent.

La première possibilité est d’employer le présent comme temps de base. Vous ancrez donc votre récit dans le présent, c’est ce que nous faisons naturellement tous les jours lorsque nous parlons. Il s’en suit la concordance des temps suivante :

Pour parler du présent, on utilise le présent simple. Pour parler du passé, on utilise le passé composé (action ponctuelle) et l’imparfait (action progressive). Pour parler du futur, on utilise le futur simple. Lorsque c’est nécessaire, on utilise le subjonctif présent et passé.

2) Le passé.

La seconde possibilité est d’employer le passé simple comme temps de base. Vous ancrez donc votre récit dans le passé, c’est ce que l’on trouve le plus souvent dans les romans. Il s’en suit la concordance des temps suivante :

Pour parler du présent, on utilise le passé simple (action ponctuelle) et l’imparfait (action progressive). Pour parler du passé, on utilise le plus-que-parfait. Pour parler du futur, on utilise le conditionnel présent. Lorsque c’est nécessaire, on utilise de plus en plus souvent le subjonctif présent et passé, alors que l’exacte concordance des temps devrait nous faire préférer le subjonctif imparfait et plus-que-parfait.

Exemple :

1) Un homme vient vers moi (présent simple). C’est Luc. Je l’ai connu à la fac, deux ans plus tôt (passé composé). Bien qu’il soit timide (subjonctif présent), il m’invite à boire un verre (présent simple). Après plus d’une heure de discussion animée, il me dit qu’il faut qu’il soit parti avant midi (subjonctif passé), nous nous quittons donc en nous promettant que nous nous reverrons (futur simple).

2) Un homme venait vers moi (imparfait, action progressive). C’était Luc. Je l’avais connu à la fac, deux ans plus tôt (plus-que-parfait). Bien qu’il fût timide (subjonctif passé), il m’invita à boire un verre (passé simple, action ponctuelle). Après plus d’une heure de discussion animée, il me dit qu’il fallait qu’il fût parti avant midi (subjonctif plus-que-parfait), nous nous quittâmes donc en nous promettant que nous nous reverrions (conditionnel présent).

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La forme d’un texte

Avant même d’écrire, la première chose à faire est de choisir la meilleure forme pour votre texte. La forme par défaut est naturellement la forme usuelle que je qualifierais de littéraire, car elle permet de répondre à tous les besoins. Néanmoins dans certains cas, je vous conseille plutôt d’opter pour une forme plus synthétique qui facilite le travail du lecteur.

1) La forme littéraire.

Elle consiste très simplement en une succession de paragraphes. La forme littéraire est celle d’une dissertation, d’un essai, d’un roman. C’est la forme la plus traditionnelle d’un texte, la forme noble. Adaptée à tous les types de discours, elle offre une grande liberté pour l’auteur, qui peut se permettre d’écrire au fil de ses idées sans lever le crayon. Mais le risque c’est précisément d’en oublier la structure du texte et de perdre l’attention du lecteur dans un flot ininterrompu de phrases qui s’enchaînent. Car pour ce dernier, si le texte est agréable à lire, il est surtout monotone dans sa forme. L’auteur doit donc redoubler d’effort sur le fond pour être certain de se faire comprendre (ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas).

2) La forme synthétique.

Elle consiste en une succession de grands titres et de sous-titres, chacun éventuellement accompagné d’un petit paragraphe explicatif. Elle est idéale pour rédiger une note, une étude, un rapport, un résumé, notamment dans le milieu professionnel. Elle permet de s’assurer de bien faire passer les idées essentielles. Les maîtres mots sont l’efficacité et la rapidité. Pour le lecteur, c’est simple à lire et à comprendre. Celui-ci doit pouvoir faire le tour du sujet simplement en se contentant de survoler les titres. Tout ce qui est important doit être bien mis en évidence. En revanche, pour l’auteur, c’est une vraie prise de risque : d’abord parce que cela l’oblige à avoir les idées claires, à structurer sa pensée, ensuite parce que les bavardages inutiles se repèrent beaucoup plus facilement. Il devient impossible de remplir des pages blanches avec du vent sans que cela ne se voit. La forme synthétique oblige donc à un plus grand travail de réflexion pour l’auteur (et parfois ce n’est pas plus mal).

Les cinq types de discours

Une fois que vous avez choisie la meilleure forme pour votre texte, il faut vous interroger sur le fond. Quel est le message que vous souhaitez faire passer ? Et comment le faire passer efficacement ? Pour le savoir, voici les cinq types de discours et leurs principales caractéristiques.

1) Le discours narratif.

L’auteur veut raconter une histoire. Il met en scène des personnages qui effectuent des actions. Ce discours se caractérise par la dimension temporelle. Le verbe y est le maître mot. Le temps de base est le présent (système de temps présent) ou le passé simple (système de temps passé).

2) Le discours descriptif.

L’auteur veut permettre à son lecteur d’imaginer un lieu, un personnage ou un objet. Ce discours se caractérise par la dimension spatiale. L’adjectif y est le maître mot. Le temps de base est le présent (système de temps présent) ou l’imparfait (système de temps passé).

3) Le discours explicatif.

L’auteur veut faire comprendre quelque chose à son lecteur. Il s’efface et reste neutre. Il emploie un vocabulaire adapté et technique. Le temps de base est le présent de vérité général.

4) Le discours argumentatif.

L’auteur veut convaincre (grâce à la raison) ou persuader (grâce aux sentiments). Il n’est pas neutre, il donne son opinion. Il a une thèse et la soutient grâce à des arguments, illustrés par des exemples. Les connecteurs logiques sont les maîtres mots.

5) Le discours injonctif.

L’auteur veut ordonner ou conseiller. Les temps de base sont l’impératif dans le premier cas et le subjonctif dans le second.

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